De Smashing Pumpkins à My Bloody Valentine : comment Wishy réinvente le son des 90s avec Nature’s Pill

Après un premier album remarqué, le quintet d’Indianapolis signe son retour avec Nature’s Pill. Entre shoegaze à la et power pop musclée façon Smashing Pumpkins, et livrent douze titres percutants qui canalisent l’urgence du rock alternatif des années 90.

Wishy by Rian Archer

Le premier réflexe en lançant Nature’s Pill ressemble à un saut dans le temps sans filtre. Dès les premières mesures de « All The Rage », les amplis crépitent, le tempo s’emballe et une énergie familière reprend le dessus. Pourtant, il ne s’agit pas d’un simple exercice de mimétisme rétro. Wishy capture ce sentiment précis où la mélancolie du quotidien s’efface derrière une avalanche de mélodies claires et d’épaisses couches de fuzz.

De l’amitié de lycée aux charts indé

L’histoire de Wishy prend racine à Indianapolis. Kevin Krauter et Nina Pitchkites se croisent sur les bancs du lycée avant de mener leurs projets solos respectifs. L’envie de monter un groupe pour jouer fort, sans calcul, les réunit à nouveau. Entourés par le guitariste Dimitri Morris, le bassiste Mitch Collins et le batteur Conner Host, le duo concrétise rapidement ses ambitions en studio comme sur scène.

Après un premier disque salué (Triple Seven) et des tournées partagées avec The Beths ou Beach Bunny, Wishy affine sa trajectoire. Avec Nature’s Pill, le quintet canalise l’héritage des grandes heures de l’indie rock américain et britannique, naviguant avec aisance entre les murs de son brumeux et l’efficacité des refrains de la fin du siècle dernier.

Dans le sillage de My Bloody Valentine et des Smashing Pumpkins

L’ouverture « All The Rage » donne le ton avec un contraste savoureux. L’instrumentation bondissante porte des paroles d’une apathie totale face à la rupture (« Fuck doing the dishes / Fuck these clothes on my floor / I don’t care anymore now that you’re gone »). Krauter et Pitchkites s’y partagent le micro avec une complicité évidente, se passant le relais sur des lignes vocales nerveuses et directes.

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L’empreinte des années 90 traverse l’ensemble de l’album à travers ses textures de guitares. L’héritage shoegaze de My Bloody Valentine se fait sentir dans ces nappes tourbillonnantes et ces mélodies éthérées enfouies sous le larsen, notamment sur « Covergirl » et le superbe « Lovesick ». Ce dernier sonne comme la rencontre idéale .entre la clarté mélodique de The Primitives et la morsure distordue de Lush.

À l’opposé, les montées d’adrénaline et les accords tranchants de « Sensational » ou « Blitz » renvoient directement à la dynamique alternant calme et explosion chère aux Smashing Pumpkins de l’ère Siamese Dream. Le groupe sait aussi calmer le jeu avec élégance : « Mona Lisa » installe une trame acoustique ornée d’un clin d’œil mélodique subtil au Velvet Underground, tandis que « Kiss Kiss » ose marier dream pop aérienne et discrètes touches d’autotune.

Si des titres plus linéaires comme « Shift » ou la conclusion « Party World » marquent une légère baisse de tension, Nature’s Pill impressionne par sa sincérité. En assumant sans complexe ses influences cultes, Wishy évite la nostalgie convenue et livre un disque généreux, solidement ancré dans son époque.

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