{"id":333,"date":"2026-08-19T21:32:04","date_gmt":"2026-08-19T19:32:04","guid":{"rendered":"https:\/\/bomel.be\/?p=333"},"modified":"2026-08-19T21:32:06","modified_gmt":"2026-08-19T19:32:06","slug":"une-affaire-de-famille-de-william-boyle-le-poids-du-sang-et-du-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/2026\/08\/19\/une-affaire-de-famille-de-william-boyle-le-poids-du-sang-et-du-silence\/","title":{"rendered":"Une affaire de famille de William Boyle : Le poids du sang et du silence"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est au c\u0153ur de Brooklyn, dans le quartier de Gravesend et la petite enclave de Saint of the Narrows Street<sup><\/sup>, que se d\u00e9roule <em>Une affaire de famille<\/em>, publi\u00e9 aux \u00e9ditions Gallmeister<sup><\/sup>. William Boyle, avec son \u0153il de New-Yorkais et son bagage d&rsquo;ancien disquaire, parvient \u00e0 capter avec justesse la m\u00e9lodie m\u00e9lancolique et poisseuse de ce milieu italo-am\u00e9ricain<sup><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cafe-qui-coule-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-334\" srcset=\"https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cafe-qui-coule-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cafe-qui-coule-300x169.jpg 300w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cafe-qui-coule-768x432.jpg 768w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cafe-qui-coule-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cafe-qui-coule-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Image par <a href=\"https:\/\/pixabay.com\/fr\/users\/poedynchuk-7524923\/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=8174279\">poedynchuk<\/a> de <a href=\"https:\/\/pixabay.com\/fr\/\/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=8174279\">Pixabay<\/a><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;ombre du pass\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le roman gravite autour de Risa, une jeune m\u00e8re de famille englu\u00e9e dans un mariage toxique avec Sav, un homme violent et impr\u00e9visible<sup><\/sup>. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa s\u0153ur \u00e0 l&rsquo;esprit rebelle, Giulia, et de Chooch, l&rsquo;ami d&rsquo;enfance de Sav qui nourrit un amour secret pour Risa depuis des ann\u00e9es<sup><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout bascule une nuit \u00e9touffante d&rsquo;ao\u00fbt 1986. Alors que Sav menace Risa et leur b\u00e9b\u00e9 avec une arme \u00e0 feu, un acte d&rsquo;autod\u00e9fense d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 scelle le destin du trio<sup><\/sup>. Pour pr\u00e9server l&rsquo;avenir du petit Fab, Risa, Giulia et Chooch font dispara\u00eetre les preuves et inventent un mensonge de toutes pi\u00e8ces : Sav aurait fui la ville, les abandonnant \u00e0 leur sort<sup><\/sup>. En faisant des sauts dans le temps (vers 1991 puis 1998), le r\u00e9cit scrute avec une tension croissante la mani\u00e8re dont ce secret inavouable s&rsquo;infiltre dans leur quotidien et menace de ressurgir \u00e0 tout instant<sup><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un d\u00e9terminisme implacable<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui \u00e9l\u00e8ve <em>Une affaire de famille<\/em> au rang des grands romans noirs, c&rsquo;est l&rsquo;implacable d\u00e9terminisme qui \u00e9crase ses protagonistes. Boyle tisse une toile o\u00f9 chaque personnage semble condamn\u00e9 \u00e0 reproduire les sch\u00e9mas de son milieu, sans v\u00e9ritable issue de secours :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>L&rsquo;enfermement g\u00e9ographique :<\/strong> \u00c0 Gravesend, le code postal agit comme une v\u00e9ritable force gravitationnelle. Les personnages r\u00eavent de s&rsquo;enfuir, mais restent prisonniers de leur condition, encha\u00eenant les emplois modestes et r\u00e9p\u00e9titifs : \u00e0 l&rsquo;accueil d&rsquo;un garage automobile ou au classement de dossiers m\u00e9dicaux. M\u00eame ceux qui parviennent \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper un temps, comme Roberto, le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de Sav, finissent in\u00e9luctablement par revenir chercher refuge dans le quartier, d\u00e9clenchant des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le poids de la culpabilit\u00e9 catholique :<\/strong> Dans cette communaut\u00e9, l&rsquo;\u00e9glise <em>Our Lady of Perpetual Surrender<\/em> dicte le rythme de vie des habitants. Pourtant, la religion n&rsquo;offre aucune r\u00e9demption facile, agissant plut\u00f4t comme une source d&rsquo;angoisse intime. L&rsquo;illusion de la droiture morale s&rsquo;effrite totalement \u00e0 travers le personnage du p\u00e8re Tim, un pr\u00eatre cynique qui sombre dans l&rsquo;alcoolisme et les dettes de jeu au sein de la mafia locale.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L&rsquo;engrenage tragique :<\/strong> Le livre d\u00e9montre que les actions d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es exigent toujours un tribut. Les tentatives de ma\u00eetriser son destin et de prot\u00e9ger les siens provoquent des dommages collat\u00e9raux d\u00e9vastateurs, \u00e0 l&rsquo;image du massacre brutal des parents Franzone par un vieux rival ivre de vengeance. Le sang appelle le sang, confirmant que personne ne peut fuir ind\u00e9finiment ses erreurs pass\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">William Boyle signe ici une chronique sociale sombre, tendue et poignante. Au-del\u00e0 du suspense li\u00e9 au secret originel, c&rsquo;est une exploration magistrale de la survie f\u00e9minine face \u00e0 l&rsquo;oppression masculine et de la fatalit\u00e9. Une lecture hautement recommand\u00e9e pour ceux qui aiment les ambiances charg\u00e9es o\u00f9 l&rsquo;environnement est un personnage \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Entretien avec William Boyle sur Youtube<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"William Boyle discusses Saint of the Narrows Street.\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/v77DFoLzWU4?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Boyle y explique que c&rsquo;est son livre le plus ambitieux. Contrairement \u00e0 ses pr\u00e9c\u00e9dents ouvrages qui se d\u00e9roulent sur des laps de temps tr\u00e8s courts, celui-ci s&rsquo;\u00e9tale sur 18 ans. Il est divis\u00e9 en quatre parties tr\u00e8s resserr\u00e9es (situ\u00e9es en 1986, 1991, 1998 et 2004), suivant l&rsquo;\u00e9volution des personnages \u00e0 la mani\u00e8re du film <em>Boyhood<\/em>, mais dans une version criminelle. Il r\u00e9v\u00e8le avoir \u00e9crit une premi\u00e8re version compl\u00e8tement diff\u00e9rente au d\u00e9but de la pand\u00e9mie en 2020 avant de la jeter pour repenser la chronologie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;intrigue se d\u00e9roule dans le quartier de son enfance \u00e0 Brooklyn. Il \u00e9voque l&rsquo;\u00e9volution de ce quartier populaire et de ses vagues d&rsquo;immigration (historiquement italo-am\u00e9ricaine, aujourd&rsquo;hui majoritairement sino-am\u00e9ricaine).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;auteur partage une habitude d&rsquo;\u00e9criture (souvent attribu\u00e9e \u00e0 Hemingway) : il \u00e9crit t\u00f4t le matin et s&rsquo;efforce de toujours s&rsquo;arr\u00eater <em>avant<\/em> d&rsquo;\u00eatre \u00e0 court d&rsquo;id\u00e9es ou juste avant un moment excitant. De cette mani\u00e8re, il a toujours h\u00e2te de se remettre au travail le lendemain.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"206\" height=\"300\" src=\"https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/william-boyle-une-affaire-de-famille-1-206x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-336\" srcset=\"https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/william-boyle-une-affaire-de-famille-1-206x300.jpg 206w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/william-boyle-une-affaire-de-famille-1.jpg 503w\" sizes=\"auto, (max-width: 206px) 100vw, 206px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>William Boyle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Boyle-Une-affaire-de-famille\/2026910\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Boyle-Une-affaire-de-famille\/2026910\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Une Affaire De Famille<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Gallmeister<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est au c\u0153ur de Brooklyn, dans le quartier de Gravesend et la petite enclave de Saint of the Narrows Street, que se d\u00e9roule Une affaire de famille, publi\u00e9 aux \u00e9ditions&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":334,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[14,253,252,7,251,250],"class_list":["post-333","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-livres","tag-critique-litteraire","tag-ernest-hemingway","tag-gravesend","tag-roman-noir","tag-secret-de-famille","tag-william-boyle"],"views":115,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=333"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":337,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333\/revisions\/337"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/334"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=333"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=333"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=333"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}