{"id":414,"date":"2026-09-12T18:59:28","date_gmt":"2026-09-12T16:59:28","guid":{"rendered":"https:\/\/bomel.be\/?p=414"},"modified":"2026-09-12T19:01:13","modified_gmt":"2026-09-12T17:01:13","slug":"quand-mylene-farmer-cite-ronsard-et-que-ben-plg-ausculte-le-quotidien-5-sorties-francophones-indispensables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bomel.be\/index.php\/2026\/09\/12\/quand-mylene-farmer-cite-ronsard-et-que-ben-plg-ausculte-le-quotidien-5-sorties-francophones-indispensables\/","title":{"rendered":"Quand Myl\u00e8ne Farmer cite Ronsard et que BEN plg ausculte le quotidien : 5 sorties francophones indispensables"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre retours de figures tut\u00e9laires et \u00e9critures \u00e0 vif, la rentr\u00e9e musicale francophone prend le pouls d&rsquo;une \u00e9poque troubl\u00e9e. De la pop malicieuse de Myl\u00e8ne Farmer aux alertes d\u00e9mocratiques de Bernard Lavilliers, en passant par le cri n\u00e9cessaire d&rsquo;Hoshi, l&rsquo;\u00e9pure po\u00e9tique de Cascadeur et le rap lucide de BEN plg, tour d&rsquo;horizon de 5 sorties qui font dialoguer urgence intime et regard sur le monde.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Selection-musique-semaine-34-3-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-415\" srcset=\"https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Selection-musique-semaine-34-3-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Selection-musique-semaine-34-3-300x169.jpg 300w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Selection-musique-semaine-34-3-768x432.jpg 768w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Selection-musique-semaine-34-3-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/bomel.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Selection-musique-semaine-34-3.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Captures Youtube<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Myl\u00e8ne Farmer \u2013 <em>Des lols et des quoi<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 tout juste 65 ans, c\u00e9l\u00e9br\u00e9s ce 12 septembre, Myl\u00e8ne Farmer prend un malin plaisir \u00e0 brouiller les pistes. \u00c0 l\u2019approche de son treizi\u00e8me album studio <em>\u00c9gr\u00e9gore<\/em> (attendu le 30 octobre), elle d\u00e9voile un second extrait compos\u00e9 avec le producteur DJ Lewis : <em>Des lols et des quoi<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Myl\u00e8ne Farmer - Des lols et des quoi (Clip Officiel)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rNSohl3J59o?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En surface, le morceau ressemble au coup de gueule d&rsquo;une observatrice d\u00e9sabus\u00e9e face au r\u00e9tr\u00e9cissement du vocabulaire \u00e0 l\u2019\u00e8re des flux TikTok et des abr\u00e9viations num\u00e9riques. On y convoque Ronsard pour mieux fustiger la perte de substance, jusqu&rsquo;\u00e0 un outro volontairement satur\u00e9 de tics de langage actuels (<em>chokbar<\/em>, <em>le seum<\/em>, <em>askip<\/em>). Pourtant, la chanteuse ne signe pas un simple pamphlet nostalgique ou r\u00e9ac. Fid\u00e8le \u00e0 son go\u00fbt pour le double fond, elle rappelle surtout la sensualit\u00e9 organique du verbe face \u00e0 l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 m\u00e9canique. L\u00e0 o\u00f9 certains ricanent de ses envol\u00e9es alambiqu\u00e9es, Farmer r\u00e9affirme que la langue est mati\u00e8re, texture et po\u00e9sie brute et s&rsquo;aventure dans un jeu d&rsquo;\u00e9quilibriste malicieux magnifi\u00e9 par le clip des fr\u00e8res Poiraud tourn\u00e9 au c\u0153ur de la BNF.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bernard Lavilliers &#8211; <em>Coriace<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est des artistes face auxquels on reste longtemps distant, r\u00e9duisant leur trajectoire \u00e0 une poign\u00e9e de tubes radiophoniques, avant qu&rsquo;un \u00e9clat d&rsquo;humanit\u00e9 brute ne vienne balayer les pr\u00e9jug\u00e9s. C&rsquo;est mon cas avec Bernard Lavilliers. Mais l&rsquo;hommage bouleversant rendu par la jeune g\u00e9n\u00e9ration lors de sa Victoire de la Musique d&rsquo;honneur avait laiss\u00e9 entrevoir un Bernard Lavilliers d\u00e9sarm\u00e9, \u00e9mu aux larmes, r\u00e9v\u00e9lant une infinie tendresse sous la carapace du baroudeur. Avec <em>Coriace<\/em>, premier extrait de son 24e album studio <em>Rite cruel<\/em> attendu en octobre, le St\u00e9phanois reprend son r\u00f4le de guetteur lucide face aux secousses du si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Coriace\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/6czuAx4dSzo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le morceau frappe par son acuit\u00e9 politique. Face aux d\u00e9mocraties anesth\u00e9si\u00e9es, \u00e0 la tentation autoritaire et au spectre d&rsquo;Orwell qui hante un continent sous tension, Lavilliers signe un manifeste de r\u00e9sistance lucide. Il convoque les fant\u00f4mes du pass\u00e9 pour mieux sonner le r\u00e9veil des consciences : il ne s&rsquo;agit pas de c\u00e9der \u00e0 la panique, mais de s&rsquo;armer de fermet\u00e9 morale. Entre le regard du reporter au long cours et l&rsquo;\u00e9nergie organique du musicien, <em>Coriace<\/em> rappelle que l&rsquo;art reste un rempart vital quand l&rsquo;histoire menace de d\u00e9railler.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cascadeur &#8211; <em>Les temps perdus<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reconnaissable entre mille avec son embl\u00e9matique casque blanc flanqu\u00e9 d&rsquo;une \u00e9toile rouge, Cascadeur choisit la voie du d\u00e9pouillement pour marquer ses quinze ann\u00e9es de parcours artistique. Avec <em>Les temps perdus<\/em>, premier aper\u00e7u d&rsquo;un EP \u00e9ponyme pr\u00e9vu pour le 27 novembre, le musicien s&#8217;empare pleinement de la langue fran\u00e7aise dans une \u00e9pure formelle saisissante.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Cascadeur - Les temps perdus (Lyric Video)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/4MoeF6kv0s8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Loin des orchestrations denses, la chanson repose sur une \u00e9conomie de moyens qui laisse affleurer une grande vuln\u00e9rabilit\u00e9. Le texte, d&rsquo;un minimalisme presque liquide, explore le vertige du pass\u00e9, le deuil des instants envol\u00e9s et ce besoin visc\u00e9ral de retenir ce qui s&rsquo;\u00e9chappe. Port\u00e9e par une voix haut perch\u00e9e et des textures \u00e9lectroniques diaphanes, cette pri\u00e8re intimiste agit comme une mise en suspens. Une travers\u00e9e tout en retenue et en d\u00e9licatesse, o\u00f9 chaque silence p\u00e8se autant que les mots.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Hoshi &#8211; <em>\u00c0 ta sant\u00e9 consentement<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l&rsquo;approche de la trentaine et \u00e0 un mois de la parution de son album <em>Bonjour Docteur<\/em> con\u00e7u comme une auscultation intime, Hoshi signe une charge frontale d&rsquo;une rare intensit\u00e9. Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la notion \u00e9l\u00e9mentaire de consentement peine encore \u00e0 s&rsquo;imposer comme un r\u00e9flexe absolu, le titre frappe par son urgence et son refus de tout compromis.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"\u00c0 ta sant\u00e9 consentement\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Bd2fJ2ECmPY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9e d&rsquo;une \u00e9preuve personnelle douloureuse, la chanson d\u00e9passe le simple exutoire intime pour devenir un v\u00e9ritable r\u00e9quisitoire contre la culture du doute et le victim-blaming. L&rsquo;artiste y d\u00e9construit m\u00e9thodiquement les proc\u00e8s d&rsquo;intention trop souvent r\u00e9serv\u00e9s aux victimes, pointant du doigt les silences forc\u00e9s et la complaisance sociale. Musicalement et textuellement, Hoshi transforme sa blessure en un \u00e9lectrochoc salutaire : un rappel cinglant que la libert\u00e9 d&rsquo;un corps n&rsquo;est jamais n\u00e9gociable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>BEN plg feat. Mathilde &#8211; <em>L&rsquo;histoire sans fin<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour clore cette s\u00e9lection, cap sur le rap avec l&rsquo;une des plumes les plus sinc\u00e8res du paysage francophone actuel. \u00c0 l&rsquo;approche de la sortie de son nouvel album attendu le 2 octobre, le Lillois BEN plg s&rsquo;associe \u00e0 la chanteuse Mathilde sur le morceau-titre <em>L&rsquo;histoire sans fin<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"BEN plg - Histoire sans fin ft. Mathilde (prod. Lucci&amp;apos;)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/nT_PC5iuTts?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fid\u00e8le \u00e0 son \u00e9criture terre-\u00e0-terre et sans fard, le rappeur continue de raconter la trajectoire des gens ordinaires avec une lucidit\u00e9 d\u00e9sarmante. Entre le vertige du succ\u00e8s naissant, la persistance des doutes et l&rsquo;\u00e9ternelle course contre la montre, il capture ces micro-d\u00e9tails du quotidien qui rendent son propos universel. Le refrain a\u00e9rien et m\u00e9lancolique de Mathilde vient adoucir cette urgence permanente, cr\u00e9ant un contraste saisissant avec le flow dense de BEN plg. Un hymne \u00e0 la pers\u00e9v\u00e9rance, humble et percutant, qui confirme la stature grandissante de l&rsquo;artiste nordiste.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre retours de figures tut\u00e9laires et \u00e9critures \u00e0 vif, la rentr\u00e9e musicale francophone prend le pouls d&rsquo;une \u00e9poque troubl\u00e9e. 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