
On est vendredi et le programme de ce 8 mai 2026 ne fait pas dans la demi-mesure. Entre Charli XCX qui enterre officiellement le dancefloor pour passer au rock et Aya Nakamura qui surprend avec un flow rappé inédit aux côtés de La Rvfleuze, les compteurs s’affolent. Ajoutez à ça la provocation sexuelle totalement assumée de Kesha, l’introspection mélancolique de Zed Yun Pavarotti sous son cuir et l’efficacité brutale de Lacrim, sans oublier la puissance de Kaaris. C’est direct, c’est brut, et c’est le seul récap dont vous avez besoin pour dynamiter votre week-end.
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Charli XCX – « Rock Music »
Charli XCX vient de brûler la piste de danse : avec un verdict sans appel : « le dance floor est mort ». La star britannique bascule officiellement du côté des guitares. Dans ce nouveau titre « Rock Music », elle délaisse l’Auto-Tune pour une version analogique et brute de son univers, portée par des riffs franchement crunchy. Si la production reste signée par ses complices A.G. Cook et Finn Keane, l’énergie vire ici au pur punk. Entre pogos, cuir noir et guitares éclatées, le clip réalisé par Aidan Zamiri impose une esthétique sex, drugs & rock’n’roll qui définit déjà la tendance de cette année 2026. C’est une mise en bouche électrique qui prouve que Charli n’a pas fini de bousculer les codes.
Aya Nakamura feat. La Rvfleuze – « Sexy Nana »
Aya Nakamura bouscule les attentes avec « Sexy Nana », une collaboration aussi inattendue qu’efficace avec la nouvelle sensation du rap, La Rvfleuze. Sur une production hybride signée Joé Dwèt Filé et Abl Génie, la reine de la pop française délaisse momentanément le pur chant pour kicker avec un flow étonnamment tranchant. Face à elle, le rappeur du 19ème arrondissement sort de ses univers sombres pour s’offrir une parenthèse luxueuse entre Chanel et Prada, s’essayant même à l’egotrip et au sourire sans pour autant perdre la précision de ses placements.
Kesha – Origami
Kesha balance toute pudeur par la fenêtre avec « Origami », une invitation frontale et ultra-sexuelle au plaisir. Ici, le pliage japonais n’est qu’une métaphore pour une séance de gymnastique intense sous les draps : l’artiste se revendique « supersexuelle » et prête à se laisser tordre comme un « pretzel » humain pour son partenaire. Entre des références directes au Kama Sutra et des lyrics sans détour sur l’excitation physique, le morceau s’impose comme une exploration sans filtre des corps.
La production, saturée de synthés scintillants et de beats percutants, transforme cette session d’expérimentation en un hymne de club kaléidoscopique et déchaîné. C’est cru, c’est totalement assumé, et c’est le tube de l’été idéal pour ceux qui aiment leur pop avec un sérieux penchant pour la provocation.
Zed Yun Pavarotti – Sous ma veste
Dans « Sous ma veste », l’ancien rappeur devenu chanteur pop confirme son virage vers un univers mélancolique et poétique, toujours teinté d’influences rock et métal. Sous sa veste en cuir, il livre un texte brut et sans filtre sur son état de délabrement mental, s’avouant « fracassé » entre les pilules, la drogue et l’alcool. Entre deux visions d’insomnie et une solitude assumée, il chante ce sentiment de « pleurer de rire, sans les rires ». C’est sombre, c’est « sale » et terriblement honnête, affirmant une fois de plus son statut de personnage à part dans le paysage musical actuel
Lacrim – PAY NOW
Lacrim signe un retour brut avec « PAY NOW », un titre où il réaffirme sans détour son statut de pilier incontournable ayant marqué le rap français. Loin des clichés habituels de la « vie d’artiste », il livre un morceau sombre et frontal centré sur la réalité du terrain entre les Audi noires et les affaires de cité. Le rappeur slalome entre les époques et les codes culturels en multipliant les références allant de la console Atari aux personnages de Dragon Ball comme Vegeta et Majin Buu. Tout en rappelant sa trajectoire de « DZ Maghrebi » fier de ses origines, il décrit un quotidien rythmé par les transactions sur Signal ou Telegram ainsi que la gestion du « draham ». Lacrim ne cherche pas ici à frimer mais impose une efficacité froide ainsi qu’une autorité qui ne laisse aucune place au doute.
Kaaris – Le Sevranais
Pour clore cette première partie en beauté, on retrouve toute la « finesse » et le flow percutant de Kaaris avec son nouveau titre intitulé « Le Sevranais ». Le Dozo reste fidèle à sa réputation et livre une performance massive qui ne fait aucun prisonnier, idéale pour ceux qui aiment quand le rap tape fort et sans aucune concession. C’est l’atout brutal indispensable pour boucler cette sélection sous le signe de la puissance et de l’énergie brute.
