Rentrée rock : Greta Van Fleet, Editors et Echo & The Bunnymen mènent la danse en 5 nouveautés

Grands riffs épiques, spleen post-punk, engagement incandescent et décharges d’adrénaline pure : la scène rock fait sa mue d’automne. Cette semaine, la sélection (qui arrive avec quelques jours de retard) met à l’honneur des retours majeurs et des prises de parole percutantes, du classic rock revisité de à la mélancolie lumineuse d’Editors, en passant par la verve retrouvée d’, le coup de poing punk de Kate Nash et le groove survolté de . Tour d’horizon en 5 titres indispensables à glisser d’urgence dans vos écouteurs.

Greta Van Fleet – Tear It Down

Formé en 2012 à Frankenmuth dans le Michigan autour des trois frères Kiszka (Josh, Jake et Sam) et du batteur Danny Wagner, Greta Van Fleet s’est rapidement imposé comme le porte-étendard d’un classic rock revigoré, cumulant plus de 3,5 millions d’albums vendus à travers le monde. Après avoir conquis l’Accor Arena de dans le sillage de Starcatcher (2023), le quartette prépare activement l’arrivée de son très attendu quatrième opus, Palace for the People, prévu pour le 9 octobre.

Après avoir dévoilé « Play Your Games » puis le percutant « Saw You Stand », la formation passe la troisième vitesse avec « Tear It Down », paru le 18 septembre.

Sur le plan sonore, le groupe explore ici un contraste saisissant : une introduction aérée guidée par des guitares acoustiques tendues, qui enfle progressivement pour laisser exploser de grands riffs massifs et un solo incisif, dans un équilibre qui évoque autant que Led Zeppelin. Sur le fond, signe un texte d’une grande lucidité existentielle. Face au vacarme du monde moderne et au sentiment d’égarement au milieu de la foule, le morceau aborde le cycle perpétuel de construction et de destruction, posant la démolition non pas comme une fin en soi, mais comme une étape nécessaire pour faire table rase et retrouver du sens.

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Une belle promesse de nuances et de puissance avant la sortie des 13 titres de Palace for the People.

Editors – Seriously

Figures incontournables de la scène indie rock britannique depuis leur formation à Birmingham en 2002, Editors préparent leur retour avec Surface, Echo & Sound, leur huitième album studio attendu pour le 30 octobre chez Play It Again Sam. Après avoir exploré des textures synthétiques et industrielles denses sur EBM (2022) aux côtés de Blanck Mass, le quintette a choisi de revenir aux fondamentaux : répéter ensemble dans une même pièce au cœur du Gloucestershire pour laisser naître les morceaux de manière organique, dans le sillage des projets acoustiques épurés du chanteur .

Nouvel extrait de cette session estivale, « Seriously » capte immédiatement l’oreille avec ses guitares carillonnantes et son impulsion new wave très eighties. Le morceau avance sur un tempo enlevé tout en conservant ce spleen élégant qui fait l’ADN du groupe. Loin de s’enfermer dans une noirceur stérile, le texte de Tom Smith fonctionne comme un appel d’air face à la pesanteur du quotidien et à la perte de repères du monde moderne. Entre autodérision, tendresse et recherche de légèreté, la chanson rappelle que même lorsque le décor s’assombrit, la chaleur et l’espoir restent le véritable fil conducteur de leur écriture.

Un hymne d’automne lumineux et réconfortant qui trouvera son prolongement sur scène au début de l’année prochaine.

Echo & The Bunnymen – Lab Rats Ran

Douze ans après leur dernier enregistrement, les géants de Liverpool signent leur grand retour avec Apples For Isaac. Du line-up originel ne subsistent désormais que le guitariste et l’inusable Ian McCulloch, toujours drapé dans sa verve mordante et ses légendaires lunettes noires, épaulés en studio par la batterie du regretté Clem Burke (Blondie). Si le disque renoue par moments avec la majesté lyrique d’Ocean Rain, le groupe s’autorise aussi des détours plus inattendus, comme sur « Lab Rats Ran ».

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Loin des envolées post-punk éthérées des débuts, ce titre surprenant lorgne vers un format indie-disco débridé, propulsé par des riffs plus gras et relevé par un solo de saxophone entêtant. Sur le plan des thèmes, McCulloch livre une charge ironique et désabusée contre les dérives scientifisantes et la perte d’innocence moderne, fantasmant un retour aux origines avant que la machine humaine ne déraille et que « les rats de laboratoire ne prennent le contrôle du labo ». Une escapade presque potache et brute de décoffrage, portée par ce timbre vocal inimitable qui rappelle pourquoi Mac continue de clamer haut et fort son statut d’icône.

Kate Nash – Spilt Milk

Près de deux décennies après le succès retentissant de Made of Bricks (2007), Kate Nash s’apprête à ouvrir un chapitre profondément intime et engagé avec son futur album Cailín, attendu le 22 janvier chez le label culte Kill Rock Stars. Enraciné dans ses origines irlandaises et nourri par son éducation londonienne, ce projet hybride promet de conjuguer musique traditionnelle et énergie contestataire. Après avoir revisité le percutant « Famine » de , l’artiste britannique revient avec l’incisif « Spilt Milk ».

Musicalement, le titre s’impose comme une chevauchée féroce, mêlant morsure punk et phrasé syncopé aux accents hip-hop. Derrière l’énergie brute de la composition, le morceau aborde de front la dépossession du corps féminin et le recul des droits reproductifs. Écrit à l’origine en écho aux luttes irlandaises précédant l’abrogation du huitième amendement en 2018, le titre trouve une résonance troublante avec l’actualité internationale récente, notamment la remise en cause de l’arrêt Roe v. Wade aux États-Unis. En inversant le célèbre proverbe qui invite à ne pas pleurer sur le lait renversé, Kate Nash transforme le sentiment d’impuissance et l’injonction au silence en un cri de ralliement salvateur et furieusement politique.

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Graveyard – Tongue Tied

Trois ans après la noirceur introspective de l’album Six, les Suédois de Graveyard passent la vitesse supérieure avec « Tongue Tied », deuxième extrait incisif de leur septième album Fever, attendu le 9 octobre chez Nuclear Blast. Mixé par (The Hives, Viagra Boys), le morceau délaisse un instant la lourdeur bluesy habituelle du groupe pour foncer pied au plancher dans un rock’n’roll direct, dopé à la fuzz et emporté par une section rythmique inflexible.

Derrière cette décharge brute, le texte s’attaque frontalement au cynisme des puissants et à la manipulation des masses. Évoquant des figures retranchées dans des cages dorées pendant qu’elles envoient des soldats de plomb au front, le titre fustige la passivité générale et le déni face aux dérives du pouvoir. Une belle claque d’adrénaline avant la sortie de l’album.

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