Pourquoi Dungeon Crawler Carl va vous faire succomber au phénomène LitRPG (même si vous n’êtes pas geek)

​Si on m’avait dit un jour que je vibrerais pour les aventures d’un homme en boxer arpentant un donjon mortel en compagnie d’un chat persan de concours, j’aurais sans doute souri poliment. C’est au détour d’une réunion éditoriale au travail que j’ai entendu parler pour la première fois de ce véritable phénomène de la pop-culture. Poussé par la curiosité, je viens de franchir le pas avec ce premier tome de Dungeon Crawler Carl, signant ainsi ma toute première incursion dans le genre du LitRPG (Literary Role-Playing Game). Le verdict ? Une immense claque, portée par un humour noir grinçant et un rythme d’une efficacité redoutable.

Image par 4u4undra de Pixabay

Un Hunger Games cosmique et déjanté​

Imaginez un cataclysme planétaire instantané : toutes les infrastructures humaines s’effondrent, éliminant sur-le-champ la quasi-totalité de la population. Les rares survivants n’ont qu’une option pour ne pas mourir de froid : entrer dans un « Donjon » mondial de 18 niveaux géré par un syndicat galactique.

Très vite, l’intrigue nous happe par son concept qui rappelle un Hunger Games géant et ultra-médiatisé. Il ne s’agit pas seulement de survivre face à des monstres, mais de faire le spectacle pour des quintillions de spectateurs extraterrestres friands de sang et de rebondissements. Le voyeurisme spatial est total, et la tension ne relâche jamais son étreinte.

Princesse Donut : La véritable star du show

​Au cœur de cette folie, les rôles sont distribués de manière savoureuse. Si Carl prête son nom au titre, le véritable personnage central, l’aimant à projecteurs, c’est Princesse Donut. Ce chat persan d’exposition, propulsé au rang d’être doué de parole et de magie destructrice grâce à un bonus du donjon, s’impose immédiatement comme la reine incontestée du duo. Capricieuse, dramatique mais profondément attachante, elle insuffle une dynamique unique au récit.

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​Face à elle, Carl endosse le rôle crucial de températeur. Dépourvu de pantalon mais armé d’une ingéniosité redoutable, c’est lui qui rationalise les situations les plus absurdes. Son pragmatisme et son sens de la débrouille font de lui le contrepoids parfait à la théâtralité de Donut. Ensemble, ils forment un binôme dysfonctionnel mais d’une efficacité redoutable.

​« Entre l’intellect d’un félin de salon habitué aux concours de beauté et la rudesse d’un ex-garde-côte en Crocs roses, Matt Dinniman tisse une relation d’une drôlerie et d’une complicité inattendues. » ​

Un humour grinçant qui parle aux joueurs (mais pas que)​

L’autre grande force du livre réside dans son humour résolument noir et cynique. L’univers est cruel, les morts sont légion, mais le ton reste d’une ironie mordante, notamment grâce à l’Intelligence Artificielle qui gère le donjon.

Cette IA, dotée d’une personnalité sadique et de fétichismes pour le moins originaux (notamment pour les pieds nus de Carl), distribue des descriptions d’objets et des succès d’un cynisme absolu. ​Il faut néanmoins poser un constat : pour saisir toute la saveur et la mécanique de l’œuvre, il est presque indispensable d’avoir déjà touché à un jeu vidéo. Les notions de niveaux, de statistiques, de barres de vie, de points de magie ou de boîtes de butin (loot boxes) structurent le récit. Si vous êtes familier des RPG ou des MMO, vous naviguerez en terre connue et savourerez chaque clin d’œil. Pour les profanes, l’apprentissage des codes du jeu se fera en même temps que celui des personnages, mais c’est bien la culture « geek » qui donne tout son relief à l’intrigue.

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Faut-il descendre dans le donjon ?​

Absolument. Ce premier tome pose des bases solides, mêlant habilement la tension de la survie pure et la comédie absurde. Preuve de son immense pouvoir addictif : sitôt la dernière page tournée, je me suis plongé sans attendre dans le deuxième volume.

Tant que l’intrigue reste aussi prenante et que le plaisir de lecture est là, je compte bien continuer l’aventure. En revanche, si la formule finit par s’essouffler et devient trop répétitive au fil des étages, je n’hésiterai pas à revoir ma position. Mais pour l’instant, si vous aimez l’humour grinçant et les concepts de télé-réalité mortelle, Dungeon Crawler Carl est une découverte hautement recommandable. La Cour Royale de Princesse Donut n’attend que vous !

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